Catégorie : Les gourous de la com

« Voulez-vous que nous travaillions ensemble ? »

« Voulez-vous que nous travaillions ensemble ? »

Je viens de recevoir un Nième appel de prospection téléphonique. Ces pratiques m’excèdent. Je m’étais inscrite sur une liste qui m’assurait de ne plus en recevoir, mais personne ne peut fournir une telle garantie. Il semblerait que tous les moyens soient permis pour établir le contact avec un prospect. Tous ? Appels incessants et même déplacements au domicile privé (et si, quelqu’un a récemment essayé de me vendre des plats surgelés ainsi…).

Ai-je autorisé cela ? Non, au contraire. Cela donne aux marques qui pratiquent cela une image insistante voire agressive. Il se peut que cela convienne à certains, mais je n’en suis pas.

Ces expériences font réfléchir sur la relation que l’on souhaite entretenir avec ses prospects. Comment démarcher sans se montrer intrusif ? Comment établir un contact sain bien que l’on ait un objectif affiché de vente ?

demander la permission

Si comme moi vous en avez marre de la « force de vente » (d’ailleurs, d’où peut bien venir une telle expression, contre qui se bât-on ici ??!), lisez ce qui suit.

Nous sommes en période de crise : nos contacts comme nous-mêmes ont besoin de sincérité. Il faut prendre le temps d’établir une relation de confiance. Par ailleurs, il est judicieux de trouver des systèmes qui engagent vos prospects : ainsi, le questionnaire a pour double fonction utile de proposer à la personne de donner son opinion afin de cerner ses besoins au mieux, et par la même occasion, de la convier d’ores et déjà à un échange réciproque, d’égal à égal. Ce faisant, vous demandez à votre prospect l’autorisation de travailler avec lui. Cela se rapproche du permission marketing, notamment développé par Seth Godin.

Un questionnaire peut facilement être réalisé à partir de Google Drive (encore merci Google, pour cet outil gratuit !). Voici un exemple du résultat ici. Il s’agit de mon formulaire de contact. Les réponses sont rassemblées dans un tableau généré automatiquement et permettent d’éditer des graphiques et statistiques.

Alors, à vos questionnaires !

 

Attention aux contrefaçons

Attention aux contrefaçons

Prenez garde, de fausses images pieuses circulent parmi nous ! Si vous en trouvez, ne vous approchez pas trop, mais prenez un instant pour admirez la beauté du travail de l’artisan modeleur en communication politique. Observons plutôt :

Georges Marchais : la Sainte Cène
Georges Marchais : la Sainte Cène

Ci-dessus : le costume clair de Georges Marchais se détache parfaitement du reste de l’image, tandis que les regards des Apôtres convergent vers lui, au centre de l’image et évidemment en très léger contre-plongé. On pourrait même aller plus loin et mentionner la main qui cache le cœur, ou encore les personnes littéralement en prière à l’arrière plan. Que ce soit l’œuvre du photographe ou du scénographe, c’est une bien jolie mise en scène.

 

Che Guevara déposition
Che Guevara : Déposition

L’image suivante est celle du corps gisant de Che Guevara : elle reprend les compositions christiques de la peinture classique.

Déposition (Fra Angelico)
Déposition (Fra Angelico)

La communication politique américaine est aujourd’hui friande de ces mises en scène. Voici ce que notre œil perçoit en réalité quand on fait un arrêt sur image :

bush-aureole
G. Bush aureolé
Barack Obama
Barack Obama auréolé
Obama-Aureole blanche
B. Obama - Aureole blanche

Qui prétendra encore que la communication subliminale est interdite ?!

Encore une petite mise en scène pour conclure :

bush-jumelles
G. Bush - jumelles

L’ancien président s’habille toujours en tenue de circonstance pour parler missile, même quand il n’est pas dans les tranchées. Avez-vous remarqué ce petit détail cocasse ? Et oui ! Les jumelles sont bien fermées ! Je vous le répète : attention aux contre-façons.

 

 

Attention, c’est viral et contagieux !

Attention, c’est viral et contagieux !


Même si vous ne connaissez pas le concept de vidéo virale, vous en avez sans doute déjà vues.

 

Signes distinctifs :

  • Une vidéo « maison » réalisée sans budget (ou plutôt, c’est ce qu’on veut nous faire croire), le plus souvent c’est une bonne équipe de créatifs qui est derrière avec des acteurs qui font comme si c’était la vraie vie
  • Une vidéo vraiment marrante ou incroyable ou bien qui montre quelqu’un(e) à poils qui fait un truc vraiment marrant ou incroyable
  • Une vidéo courte : la vidéo virale dure souvent moins d’une minute

Cette séquence vous plaira tellement que vous aurez une irrésistible envie de partager ça avec vos amis : la diffuser sur Facebook, la transférer par mail, la twitter, la retwitter, etc… Il existe d’ailleurs des techniques pour rendre une vidéo virale.

Calculons ensemble : si 100 internautes la montrent à leur réseau (mettons 100 personnes en moyenne), que dans chaque réseau 10 personnes font de même ; cela nous fait rapidement un total de… beaucoup beaucoup beaucoup de monde !

Par exemple, plus de 18 millions de personnes ont vu des téléphones portables faire cuire du popcorn depuis le lancement de cette vidéo virale en 2008 : c’est incroyable, ça fait même peur ! Une recherche en quelques clics sur Google et l’auteur sort de sa cachette : il s’agit en fait de la société Cardo Systems qui vend des kits d’oreillettes pour vous éviter le cancer du popcorn.

Rassurez-vous, il n’est en fait pas possible de faire du popcorn avec son téléphone portable, ça ne fonctionne pas. Ce qui marche, en revanche, c’est de se faire connaître grâce à une petite vidéo !

Seth Godin on standing out | Video on TED.com

Seth Godin on standing out | Video on TED.com

Sous-titrage en français disponible.

En 2003, le gourou du marketing évoquait le virage à 180° que la publicité devait prendre pour toucher le public. Aujourd’hui, c’est d’autant plus vrai que tous les publicitaires sont loin d’avoir dépassé cette manière d’envisager la vente en masse.

Le public est noyé par l’information à tous les niveaux : dans la rue, dans sa boîte aux lettres, dans sa boîte mail. La plupart des produits cherchent encore à faire passer l’information par quelque moyen que ce soit. Mais les gens ont aujourd’hui trop de choix pour pas assez de temps. Ils ne sont pas intéressés et ignorent de ce fait la publicité.

La conduite à adopter est donc de diffuser vers des personnes qui sont déjà intéressées en espérant que l’idée se répandent, de proche en proche, par bouche à oreille et à l’image du réseau Internet. Il faut trouver ce que veulent les gens… et le leur donner !

De ce fait, le risque est aujourd’hui paradoxalement de diffuser quelque chose de bon. Car cela n’intéresse personne. Ce qui intéresse les gens, c’est ce qui est remarquable, ce qui se démarque, ce qui sort du lot, peut importe comment.

Clay Shirky: Comment les réseaux sociaux font l’histoire | Video de TED.com

Clay Shirky: Comment les réseaux sociaux font l’histoire | Video de TED.com

Un sous-titrage de cette vidéo en français est disponible dans le menu déroulant « View subtitles ».


Clay Shirky est consultant et enseigne à l’Université de New York. Il est spécialisé dans les interactions entre réseaux sociaux et société ou comment les réseaux crée une culture de groupe. Invité par la conférence TED (Technology, Entertainment, Design) en juin 2009, il évoque la modification comportementale dans la manière dont le grand public utilise les médias.

Auparavant, les médias étaient réservés à une élite : dans l’utilisation de la radio ou de la télévision, le message devait être d’importance nationale, ce qui réduisait considérablement le nombre de producteurs de messages. De même, ces messages étaient particulièrement chers à produire.

Internet représente une révolution dans l’histoire des médias, dans la mesure où il fait voler en éclat un modèle longtemps resté unique en l’absence de concurrence. Mais la véritable évolution réside dans le fait que chaque consommateur d’Internet est un producteur potentiel. A partir de là, tous les échanges, ramifications et mises en relations sont envisageables.

Quand on considère que la communication, c’est le pouvoir, Internet est le terrain privilégié du pouvoir remis dans les mains du peuple. Non seulement Twitter est le premier média à avoir retransmis des événements historiques tels que le récent tremblement de terre en Chine, mais qui plus est, il les a partagés en temps réel !

Pendant la période qui a suivi cette catastrophe naturelle, la population chinoise a momentanément réussi à prendre le pouvoir sur la censure gouvernementale qui tente quotidiennement de contrôler la toile.

Les réseaux sociaux sont actuellement inaccessibles en Chine, de même que YouTube ou certaines recherches précises sur les moteurs de recherche. Cette censure reste relativement contournable pour tout informaticien qui se respecte, mais la population n’y a globalement pas accès.

Internet représente le pouvoir qui vient de la base et se développe de manière latérale et exponentielle face à une tentative de contrôle par le haut.

Clay Shirky est consultant et enseigne à l’Université de New York. Il est spécialisé dans les interactions entre réseaux sociaux et société ou comment les réseaux crée une culture de groupe. Invité par la conférence TED (Technology, Entertainment, Design) en juin 2009, il évoque la modification comportementale dans la manière dont le grand public consomme les médias.

Auparavant, les médias étaient réservés à une élite : dans l’utilisation de la radio ou de la télévision, le message devait être d’importance national, ce qui réduisait considérablement le nombre de producteurs de messages. De même, ces messages étaient particulièrement chers à produire.

Internet représente une véritable révolution dans l’histoire des médias, dans le sens où il fait voler en éclat ce modèle longtemps resté unique en l’absence de concurrence. Mais la véritable évolution réside dans le fait que chaque consommateur d’Internet est un producteur potentiel.

Quand on considère que la communication, c’est le pouvoir, Internet est le terrain privilégié du pouvoir qui appartient à la population. Ainsi, Twitter est le premier à avoir retransmis les événements historiques tels que le récent tremblement de terre en Chine, et à les diffuser, en temps réel !

Pendant la période qui a suivi le tremblement de terre, la population chinoise à réussi à prendre le pouvoir sur la censure gouvernementale qui tente quotidiennement de contrôler les réseaux Internet.

Les réseaux sociaux sont actuellement bloqués en Chine, de même que YouTube ou certaines recherches de Google. Cette censure reste relativement contournable pour tout informaticien qui se respecte. Mais la population chinoise n’y a globalement pas accès.

Dès lors, comment contrôler par le haut quelque chose qui se développe de manière latérale et exponentielle ?

Tout est dans la com, même le hachis Parmentier

Tout est dans la com, même le hachis Parmentier

En salade, en robe des champs, en purée, en frite… on est tous fans de patate ! Et pourtant, les Français n’ont pas toujours été de cet avis. Restez en ligne, cet article traite bien des questions de communication, non de la cuisson des pommes sautées.

Cette tubercule originaire d’Amérique du Sud a été rapportée en Europe par les Espagnols au XVIe siècle. Elle se diffuse au cours des deux siècles qui suivent sur le vieux continent, mais on ne peut pas dire que les Européens en soient vraiment friands.

En 1769, une famine survient en France. Antoine Parmentier (le hachis, vous connaissez ?) cherche à rendre la pomme de terre populaire afin de diversifier l’alimentation des Français, et ainsi, avoir de nouvelles ressources contre la disette. Mais la pomme de terre n’a pas très belle allure. Que faire quand la population ne veut pas y goûter ? Comment la rendre attrayante ? Quelle image communiquer ?

Antoine Parmentier monte une garde autour d’un champ de pommes de terre pendant la journée. La curiosité de la population est à son comble. La pomme de terre devient instrument de convoitise, une marchandise réservée aux riches, aux nobles. Son image est celle d’un aliment rare et précieux. Si bien que la nuit, quelques personnes profitent de ce que le champ n’est pas gardé pour s’emparer de la précieuse denrée. C’est ainsi que la cuisine de la pomme de terre devient peu à peu quotidienne dans les chaumières.

Cet épisode de l’histoire de France paraît certes anecdotique, mais revêt un aspect essentiel en termes de communication. Observons les outils déployés par Parmentier : a-t-il ouvert une page Facebook pour que les Français deviennent amis avec la patate ? A-t-il fait l’apologie des bienfaits nutritionnels du féculent ? A-t-il été interviewé chez Michel Drucker ? Non, non et non. Il s’est contenté d’annoncer aux riverains : « il est interdit d’en manger, la pomme de terre est réservée aux nobles ». Une interdiction. Une interdiction qui renforce et accentue une idée de l’élitisme. Faites croire à un enfant que le brocoli est réservé aux adultes, il vous en demandera. Mieux : essayez de le convaincre qu’il n’aime pas ça, il vous en redemandera.

La communication n’est pas une affaire de goût. L’objet sur lequel on communique n’est même pas si important que cela. Le message n’a pas une telle importance. Mais alors : qu’est-ce que la communication ? C’est une image éphémère que l’on essaie de rattraper. Qu’elle soit réelle ou non n’a aucune conséquence, puisque c’est l’image éphémère de l’Autre que l’on essaie de faire sienne. La communication a donc à voir avec les autres et comment on les perçoit. C’est à travers ce prisme que la communication permet de créer un dialogue qui n’existerait pas autrement. Un dialogue sur l’identité.