Tout est dans la com, même le hachis Parmentier

Tout est dans la com, même le hachis Parmentier

En salade, en robe des champs, en purée, en frite… on est tous fans de patate ! Et pourtant, les Français n’ont pas toujours été de cet avis. Restez en ligne, cet article traite bien des questions de communication, non de la cuisson des pommes sautées.

Cette tubercule originaire d’Amérique du Sud a été rapportée en Europe par les Espagnols au XVIe siècle. Elle se diffuse au cours des deux siècles qui suivent sur le vieux continent, mais on ne peut pas dire que les Européens en soient vraiment friands.

En 1769, une famine survient en France. Antoine Parmentier (le hachis, vous connaissez ?) cherche à rendre la pomme de terre populaire afin de diversifier l’alimentation des Français, et ainsi, avoir de nouvelles ressources contre la disette. Mais la pomme de terre n’a pas très belle allure. Que faire quand la population ne veut pas y goûter ? Comment la rendre attrayante ? Quelle image communiquer ?

Antoine Parmentier monte une garde autour d’un champ de pommes de terre pendant la journée. La curiosité de la population est à son comble. La pomme de terre devient instrument de convoitise, une marchandise réservée aux riches, aux nobles. Son image est celle d’un aliment rare et précieux. Si bien que la nuit, quelques personnes profitent de ce que le champ n’est pas gardé pour s’emparer de la précieuse denrée. C’est ainsi que la cuisine de la pomme de terre devient peu à peu quotidienne dans les chaumières.

Cet épisode de l’histoire de France paraît certes anecdotique, mais revêt un aspect essentiel en termes de communication. Observons les outils déployés par Parmentier : a-t-il ouvert une page Facebook pour que les Français deviennent amis avec la patate ? A-t-il fait l’apologie des bienfaits nutritionnels du féculent ? A-t-il été interviewé chez Michel Drucker ? Non, non et non. Il s’est contenté d’annoncer aux riverains : « il est interdit d’en manger, la pomme de terre est réservée aux nobles ». Une interdiction. Une interdiction qui renforce et accentue une idée de l’élitisme. Faites croire à un enfant que le brocoli est réservé aux adultes, il vous en demandera. Mieux : essayez de le convaincre qu’il n’aime pas ça, il vous en redemandera.

La communication n’est pas une affaire de goût. L’objet sur lequel on communique n’est même pas si important que cela. Le message n’a pas une telle importance. Mais alors : qu’est-ce que la communication ? C’est une image éphémère que l’on essaie de rattraper. Qu’elle soit réelle ou non n’a aucune conséquence, puisque c’est l’image éphémère de l’Autre que l’on essaie de faire sienne. La communication a donc à voir avec les autres et comment on les perçoit. C’est à travers ce prisme que la communication permet de créer un dialogue qui n’existerait pas autrement. Un dialogue sur l’identité.

6 Replies to “Tout est dans la com, même le hachis Parmentier”

  1. Voilà un article qui donne la patate !

    Plus sérieusement : Joli site, bien organisé et clair. Je recommanderai.

  2. tip top cette histoire de patate!

    merci de m’avoir envoyé le lien pour ton blog que je trouve très interressant!
    (une petite recette de hachis pour la prochaine fois?!!)

    gros bisous à bientot

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